CHLOÉ ASCENCIO — Facilitation interculturelle & Coaching
Crosscultural Facilitator & Coach, specialist of China Business & Management Culture – Coaching
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Je n'ai pas de problème!

Il arrive fréquemment que mon client arrive en disant: "Je n'ai aucun problème, je ne sais pas ce que le coaching peut m'apporter". Parfois le client est même inquiet "je me suis creusé la tête avant de venir à la séance, je n'ai rien trouvé". Dans ces cas-là, définir un objectif de séance devient très difficile, voire anxiogène pour le client ... c'est le coaching lui-même qui va finir par devenir un problème! L'objectif implicite du client risque de devenir : comment démontrer que le coaching ne sert à rien!

Or le client a bien raison de ne pas avoir envie d'être là! C'est déjà courageux pour lui de venir à la séance de coaching alors qu'il souhaiterait ne pas y être. Poser la question: "Qu'est ce qui fait que votre patron ou DRH vous a prescrit ce coaching?" permet d'aller explorer  comment le client pourrait faire évoluer la perception que son patron ou DRH a de lui.  Et c'est un moteur de changement puissant.

Mais parfois le coaching sert à simplement à se préparer à d'éventuels problèmes d'adaptation dans un nouveau poste, et un nouvel environnement culturel en cas d'expatriation. Or pour certaines personnes, ce "filet de sécurité" (être accompagnée pour la prise de poste) repose sur une vision d'elle humiliante... On pourrait croire que cela arrive surtout avec mes clients chinois, si soucieux de donner une image parfaite d'eux-mêmes, mais les "bons élèves" sont partout! Pour un de mes clients français, se faire aider est vécu comme dévalorisant. Il a l'habitude de se débrouiller tout seul,  à ne compter que sur lui-même sinon il se sent disqualifié. Les gens comme lui croient souvent ne rien devoir à personne, mais en réalité ils se font aider de façon .... anonyme, en lisant des livres ou en cherchant sur internet les réponses à leurs questions. Ils sont capables de beaucoup travailler et de se sur-préparer pour éviter d'avoir à demander à autrui.

Je propose toujours la possibilité d'interrompre le coaching pour recréer un espace de libre arbitre: "Que se passerait-il si vous arrêtiez le coaching?"  Mais les clients choisissent toujours de continuer et, du coup, cela devient leur propre choix. Alors je propose ceci: "Peut-on profiter de l'occasion pour modéliser vos réussites actuelles, et voir si on peut généraliser?" En contexte d'expatriation, c'est d'autant plus intéressant de les transmettre aux futurs expatriés. Le client est bien plus motivé à l'idée de debriefer ses succès que de parler de ses "problèmes. Il a souvent plein d'idées qu'il veut tester dans un espace sécurisé, en co-expertise avec son coach. Le rôle du coach est alors de lui servir de miroir, de lui demander s'il mesure bien toutes les conséquences de ses actions sur tous les acteurs du système et s'il les assume. 

 

Chloé Ascencio