CHLOÉ ASCENCIO
Coaching & Facilitation interculturelle
1X0A3603-Modifier.jpg

Blog

Tous les articles

Etre plus, en faire moins

moins-c-est-plus.jpg

Mes clients voudraient souvent être plus assertif, plus confiant, plus organisé. Ce “plus” donne l’impression qu’il y a un effort à faire “en plus”, un truc à acquérir, qu’ils n’auraient pas encore. Qu’il leur manquerait quelque chose qui les empêche d’être parfaitement bien dans leur job. Le paradoxe est le suivant : ils ont plutôt besoin de moins que de plus. Il s’agit plutôt d’arrête, d’abandonner, de lâcher une façon de voir les choses, une habitude, et donc d’en faire moins.

Valérie veut être plus assertive car « en réunion, je laisse parler les autres, ceux qui sont à l’aise en public et j’attends le moment où je pourrais me positionner. Mais quand j’arrive à en place une, on ne m’entend pas. » Oser être assertif, c’est souvent lâcher la peur du rejet, du ridicule, s’alléger du doute permanent qui ronge et paralyse les plus compétents. Valérie a décidé de se débarrasser de cette peur qui la freine au travail. Elle prend conscience qu’elle peut mettre en place une stratégie qui permet d’avoir moins peur du regard des autres. En séance elle s’entraîne à parler un peu plus fort, à poser le ton de sa voix en regardant l’interlocuteur droit dans les yeux. Puis elle expérimente en vrai, et cela marche. Maintenant on écoute Valérie, sa parole compte et pèse.

Nicolas se lamente de ne pas être plus créatif : « je travaille en R&D dans une startup, je suis censé être disruptif, innovateur, et c’est vrai que j’ai plein d’idées mais je les garde souvent pour moi car je ne suis pas sûr qu’elles soient intéressantes ni nouvelles, je m’autocensure en fait. ». Nicolas va progressivement identifier sa peur de briller, de se faire remarquer. Parce qu’il a un fort besoin d’appartenance et d’inclusion, Nicolas s’échine à voiler sa « lumière », à retenir ses bonnes idées de peur d’être critiqué voir exclu du groupe. Il va progressivement avoir moins peur de déplaire aux autres, et économiser l’effort de se cacher. Finalement il lui semble assez facile et naturel d’être lui-même.

Isabelle souhaite être plus sereine et plus souple car elle a conscience qu’elle stresse trop : «Chaque fois que je mène un gros projet, je n’en dors pas. Je me mets une telle pression! Finalement, mes clients sont contents car mon travail est impeccable. Ce sont mes collaborateurs qui se plaignent que je suis rigide. Moi j’appelle cela de la rigueur». Valérie est soulagée de se libérer de la peur d’échouer et de cette croyance qu’elle doit tout contrôler. Cela lui permet de passer moins de temps à vérifier ce que font ses collaborateurs, à animer des réunions de suivi/validation et à faire elle-même des tâches qu’elle pourrait déléguer.

Patrick voudrait être plus réactif, car on lui reproche de procrastiner et cela lui donne même une image un peu négative de « désinvolte ». Alors qu’en fait, nous découvrons ensemble qu’il est tellement perfectionniste que cela le paralyse. Il s’impose la perfection dans tout ce qu’il entreprend. Comme il ne s’accorde aucun droit à l’erreur, il s’arrange pour ne pas commencer un projet, ou pour ne pas terminer ce qu’il a commencé. Finalement il doit souvent boucler un travail à la dernière minute et il dépense une énergie énorme, pour un résultat moyen … qui vient nourrir ses doutes sur lui-même. Nous nous attacherons à détricoter ce cercle vicieux en identifiant ses techniques pour se saboter lui-même. Patrick devient un adepte de la préparation et de l’anticipation à la surprise de tout son entourage, à commencer par lui-même. En réunissant les conditions de succès en amont, il s’est aperçu qu’il parvenait à frôler la perfection sans trop d’efforts.

Plus c’est souvent moins, mais ça sonne mieux en anglais less is more.

.

Chloé Ascencio